Chroniques

Criminels et victimes

Salut !

Dernièrement, j’ai lu un peu plus que d’habitude et c’est difficile d’écrire des chroniques assez rapidement. Je regroupe donc ici trois lectures qui n’ont en commun qu’une seule chose : elles parlent de meurtriers et de victimes. Les deux premières parlent de faits réels mais les traitent de façon bien différentes. La troisième est une fiction qui juge pourtant notre façon de traiter les faits divers comme ceux-là. En vous souhaitant une bonne lecture…

California Girls – Simon Liberati

Si j’ai voulu lire California Girls, c’est principalement grâce à The Girls. Par un curieux hasard, deux titres de la rentrée littéraire 2016 se sont intéressés à la famille Manson, après avoir été happée par le premier, autant me lancer dans le second. Dans ce récit, Simon Liberati a voulu exorciser la peur qu’il a ressenti quand il a entendu parler des meurtres commis par cette secte. Contrairement à The Girls qui parle du drame avec retenue, California Girls se concentre sur les quelques heures de folie meurtrière du clan Manson avec énormément de détails et il n’épargne rien au lecteur. On ne plonge pourtant pas dans le voyeurisme pur et dur, Liberati analyse les comportements des filles et de leur chef. Il tente d’humaniser ces gamines persuadées que le meurtre était un plaisir et un ticket d’accès immédiat au rang de favorite pour leur maître, convaincues également que les prédictions de Manson étaient véridiques et qu’une guerre civile éclaterait entre Noirs et Blancs. Cette lecture était beaucoup plus froide que celle de The Girls, mais je salue les recherches et l’analyse de Simon Liberati.

Laëtitia – Ivan Jablonka

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Le cas Laëtitia Perrais est un fait divers sordide. En 2011, cette jeune fille de 18 ans a été assassinée puis démembrée par Tony Meilhon, un criminel récidiviste. Ivan Jablonka s’intéresse un peu au meurtrier mais il se concentre surtout sur l’histoire de Laetitia, enfant née dans un milieu difficile et placée dans des centres, puis une famille d’accueil avec sa sœur jumelle, Jessica. En se basant sur ce fait divers, il fournit une enquête poussée sur ces enfants à qui la vie ne sourit pas et ces criminels qu’on ne sait pas réinsérer dans une société qui les a pourtant forgés par son machisme et son déterminisme.

Le titre complet du livre, Laëtitia ou la fin des hommes, illustre parfaitement la vie de la jeune femme. Son foyer a été disloqué à cause de la violence de son père biologique, puis elle a été placée auprès d’un père d’accueil qui était également un prédateur sexuel, et elle a été tuée par un homme vexé de ne pas lui avoir suffisamment plu. Ivan Jablonka rend un très bel hommage à Laëtitia Perrais tout en évoquant des sujets trop souvent oubliés. Il s’accuse de faire subir une nouvelle violence à Laëtitia en dévoilant ainsi toute sa vie, mais j’ai trouvé au contraire qu’il dressait un portrait de l’adolescente sans la juger, en gardant une certaine pudeur et j’ai senti beaucoup d’affection dans ses mots. L’aspect documentaire du livre ne coupe pas l’émotion et j’ai été assez touchée par cette lecture.

La fille dans le brouillard – Donato Carrisi

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Un nouveau Donato Carrisi, chez moi c’est un événement. C’est un de mes auteurs de thrillers préférés depuis que je l’ai découvert grâce à son Chuchoteur. Habitué aux intrigues plus complexes que la moyenne, l’auteur opte cette fois-ci pour une histoire simple : dans un petit village, une jeune fille sans histoire disparaît sans laisser de traces. Son affaire sera traitée par l’inspecteur Vogel, qui tire les ficelles nécessaires pour attirer tous les médias sur ce cas et bénéficier d’un maximum de fonds pour l’enquête. Après cela, le but est simple : trouver rapidement un coupable. Quant à la vérité… ce n’est pas une priorité.

Ce thriller est un bon page-turner, et comme d’habitude Donato Carissi m’a menée par le bout du nez jusqu’à la toute fin. L’auteur utilise la fiction pour dénoncer le comportement des médias et de la population face aux faits divers, aussi vite mis en lumière qu’enterrés si un coupable n’est pas rapidement trouvé. Il tire également bien parti du fait que l’intrigue se déroule dans un village renfermé sur lui-même où tout le monde semble se connaître. J’en ressors un peu déçue tout de même, habituée à des trames plus recherchées de sa part.

7 réflexions au sujet de « Criminels et victimes »

  1. Le livre California Girls m’intrigue beaucoup. J’en avais aussi entendu parler et je trouvais ça intrigant qu’il soit publié en même temps que la traduction française de The Girls. J’ai lu quelques informations sur la secte de Charles Manson mais ce livre m’a l’air bien intéressant.
    Je n’ai jamais lu de livre de Donato Carrisi et je n’ai pas très envie de lire de thriller en ce moment, mais ma mère est fan de ce genre alors je note le nom de l’auteur. Ça me fait une idée de livre à offrir !

    1. Je pense que c’est un très bon prolongement de lecture pour The Girls. Il peut être lu indépendamment aussi bien sûr mais c’est encore plus intéressant après avoir lu celui d’Emma Cline du coup, on peut faire le lien entre différents personnages semi-fictifs et la réalité. On retrouve aussi le thème de la dépendance et de la recherche d’attention évidemment. Ça reste quand même une lecture difficile parce qu’il parle de tous les meurtres en détails… et c’est pas toujours évident à digérer.
      Si tu dois offrir un Carrisi je te recommande plutôt Le Chuchoteur, c’est vraiment un thriller génial.

  2. Comme toi, après avoir adoré The Girls, j’ai envie de me pencher sur California Girls, j’ai l’impression que c’est un prolongement de lecture « normal » ! J’espère que le côté plus réaliste va apporter un certain éclairage (même s’il n’est pas du tout nécessaire) sur le roman d’Emma Cline ! 😀

    1. Ça apporte un éclairage sur toute la partie qu’Emma Cline n’a pas voulu éclairer justement ^^. C’est surprenant de reconnaître des personnages dans les personnes réelles (surtout Suzanne, je n’avais pas tilté en me renseignant sur la secte mais avec le Liberati j’ai compris…).

  3. Encore des idées de lectures, merci !
    Et pareil j’aime bien Donato Carrisi donc je pense que ce roman pourrait me plaire (une fois sorti en Poche :p).
    Concernant la secte Manson, ça m’intrigue de plus en plus, et j’ai hâte de recevoir « The Girls » !

    1. Je ne pense pas que ça vaille la peine de se jeter dessus en broché effectivement, je n’ai pas pu résister mais au final… boah c’était bien mais pas autant que ses premiers romans ! Je pense quand même que tu pourras passer un moment sympa avec ce livre, c’est un bon thriller.
      Je crois que je suis encore plus impatiente que toi à l’idée de découvrir ton avis sur The Girls !