Chroniques

Between a rock and a hard place – Aron Ralston

between-a-rock-and-a-hard-place-aron-ralstonPublié en 2004 aux éditions Atria Books – Lu en VO

4 étoiles

Le 26 avril 2003, Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région. Pourtant, au fin fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : au-dessus de lui un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, en proie à des hallucinations … Cinq jours plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il prend la plus grave décision de son existence : son seul espoir est de s’amputer lui-même le bras. Par miracle, il en réchappe. Et sa vie se transforme du tout au tout.


J’ai découvert l’histoire d’Aron Ralston grâce au film 127 heures sorti il y a quelques années. La retranscription de l’aventure incroyable de cet homme m’avait obsédée pendant des semaines, et voilà que des années plus tard je me suis enfin décidée à lire son témoignage en bonne compagnie, puisqu’il s’agit d’une lecture commune avec ma chère Saleanndre. Attention cependant, cet article ne sera pas qu’une chronique concernant le livre seul, je parlerai un peu de toute l’expérience du livre au film, en passant par ce qui peut ressortir des différentes interviews d’Aron.

127 heures, c’est la durée du séjour d’Aron Ralston le bras droit coincé sous une pierre au fond d’un canyon peu fréquenté. 127 heures, c’est un peu plus de cinq jours durant lesquels le randonneur malchanceux a dû résister à la soif, à la faim, au manque de sommeil et à l’hypothermie avant de prendre une décision extrêmement difficile pour survivre.

Dans cette autobiographie, Aron nous raconte non seulement cette mésaventure mais aussi certaines des précédentes. Ces chapitres m’ont moins intéressée que le point central du récit mais ils nous permettent d’apprendre à connaître Aron et son goût du risque. Il lui est déjà arrivé de frôler la mort, parfois par pure malchance, souvent par manque de précautions. Il admet parfaitement se confronter à des risques superflus et s’interroge même sur les raisons qui le poussent à aller toujours plus loin, jusqu’aux limites. Est-ce par goût de l’aventure ou par envie d’impressionner les autres ? Cette expérience lui permet de prendre beaucoup de recul sur lui-même, son caractère et ses défauts.

« I did get myself into this. Somehow, in some convoluted way, it’s what I’ve been looking for in my life. How else did I come to be here ? We create our lives. I don’t fully understand why, but little by little I get that somehow, I’ve wanted something like this to happen. I’ve been looking for adventure, and I’ve found it. »

En regardant le film, j’ai eu l’impression qu’Aron Ralston était remarquable car il s’était amputé seul. Le témoignage qu’il apporte dans son livre montre qu’il est déjà remarquable pour avoir réussi à survivre durant plus de 5 jours au fond d’un gouffre avec une gourde d’eau quasiment vide et deux burritos, sans possibilité de s’asseoir ou de dormir correctement. La captivité semble plus courte dans l’adaptation que dans le livre où chaque jour fait l’objet d’un chapitre entier sur les réussites et les déceptions des dernières heures.

Avant de dédier sa vie à l’aventure, Aron a reçu une formation d’ingénieur, ce qui lui permet de faciliter son existence sans pour autant accéder à un véritable confort. Il essaie tout ce qui est en son pouvoir pour dégager son bras ou soulever le rocher, mais seul et sans matériel adéquat, c’est impossible. Comme dans toutes les histoires de survie, cette capacité à ne jamais se laisser aller et à toujours chercher des solutions, même désagréables, m’a fascinée.

L’amputation, Aron y pensait presque dès l’instant où le rocher lui a écrasé le bras, mais il ne pouvait pas y recourir avec le petit canif de son couteau-suisse qui peinait déjà à couper la peau et qui n’aurait pas pu scier les os de son avant-bras. Quand Aron trouver la solution pour réussir à s’amputer alors qu’il avait d, une joie immense l’envahit et la douleur passe complètement au second plan. Dans le film, on le voit souffrir horriblement, dans le livre, l’aventurier se concentre sur l’aspect chirurgical de ce qu’il fait, reconnaissant des tendons, des muscles, des nerfs.

La lecture de ce passage n’est pas évidente bien sûr, mais il n’y a pas d’abus de détails gores. Aron fait ce qu’il a à faire pour enfin se libérer. Ici encore, j’ai été impressionnée par ce que le corps humain peut endurer, ce que l’instinct de survie peut dicter. Le corps oublie sa douleur intense et l’esprit prend le dessus pour réaliser un acte impensable.

Je n’ai clairement pas été déçue par ce témoignage qui m’a apporté davantage d’éléments sur une histoire qui m’a obsédée quand je l’ai découverte. Le film seul reste malgré tout – selon moi – très bon. La réalisation est excellente, James Franco est parfait dans son rôle, la BO est superbe. On ne s’ennuie pas une seconde alors qu’il s’agit tout de même de regarder un type coincé seul pendant plus d’une heure.  Si vous avez vu et aimé le film, je vous recommande sans hésiter de tenter cette lecture, vous pourrez apprendre beaucoup de choses sur cette aventure qui ne sont pas, ou très peu évoquées dans le film. Si vous ne connaissiez pas encore l’histoire d’Aron Ralston, je vous encourage à la découvrir, c’est une véritable leçon sur la force de l’instinct de survie et une aventure exceptionnelle.

Un petit mot concernant la lecture en anglais…

Ma lecture n’a pas été évidente, j’avais pris pas mal de confiance grâce à Room, mais je me suis retrouvée face à un livre relativement difficile à aborder en anglais. Il y a beaucoup de termes techniques liés à l’escalade, évidemment, mais aussi des tournures de phrases pas toujours simples. Je ne vous recommande la lecture en anglais que si vous êtes déjà très à l’aise ou si vous souhaitez vous faire un petit défi pour progresser, mais accrochez-vous !

N’oubliez pas d’aller jeter un coup d’œil à la chronique de Saleanndre, elle complète beaucoup de points que je n’ai pas du tout développé ici !

7 réflexions au sujet de « Between a rock and a hard place – Aron Ralston »

  1. Ton article complète super bien le mien, c’est top ! En plus les vidéos que tu as choisies sont super. Merci encore pour ces moments de partage, et vivement la prochaine LC !!

  2. Le livre a l’air intéressant, mais j’ai vu le film et je pense que ça m’a suffit. C’est sûr que s’amputer tout seul, il fallait le faire quand même!

    1. Si l’histoire ne t’intéresse pas plus que ça tu peux te passer du livre effectivement, mais j’étais tellement impressionnée que je voulais vraiment en savoir plus ^^. C’est dingue ce que l’instinct de survie peut dicter.

  3. Je crois que je suis incapable de lire un tel livre…le thème est trop fort, cela me ferait plus de mal qu’autre chose, surtout lors du passage « critique ». Il m’est déjà arrivé de commencer à faire des malaises devant certaines descriptions de livres alors là…^^

    1. Aaah oui ça risque d’être compliqué :p. Enfin c’est quand même moins gore que dans le film, et ça m’a fait moins « mal » que le passage de l’attaque de l’ours dans « Le Revenant » par exemple (qui m’avait vraiment donné la nausée pour le coup…).